Editorial du mois d’Avril
« Il est vivant ! Il est ressuscité ! »
Au terme de la marche pénitentielle du temps de carême, nous voici parvenus au sommet de l’année liturgique. La fête de pâque est le centre de tous les mystères que l’Eglise célèbre dans sa liturgie. Saint Paul l’apôtre des Gentils dira, « si le Christ n’est pas mort et ressuscité, vaine est notre foi ». En cette année consacrée à la redécouverte de la richesse de la foi que nous avons reçue des apôtres, la célébration des festivités pascales se charge d’une haute signification. Par sa passion, sa mort et sa glorieuse résurrection, le Christ nous fait passer des ténèbres épaisses de l’incrédulité et du relativisme religieux à la splendeur radieuse de la foi qui introduit à la vie même de Dieu. Vivons donc ce temps pascal comme un moment unique de grâce et de bénédiction qui jaillissent du côté transpercé de celui que le Père a livré sur l’autel de la croix, par amour pour nous. Car, « lui, le juste, il est mort pour les coupables afin de nous introduire devant Dieu »1P3, 18.
Comme autrefois les fils d’Israël traversèrent la mer rouge à pieds secs pour entrer dans la terre promise, ainsi le Christ, par sa mort sur l’arbre patibulaire de la croix et sa glorieuse résurrection, nous fait-il traverser la mer agitée des idéologies contraires à notre foi pour nous introduire dans la vérité tout entière. Notre monde connaît de graves bouleversements et des mutations qui ne doivent pas nous laissés indifférents. N’ayons donc pas peur d’affirmer notre foi sans ombage, sûrs de la victoire que le Christ nous a acquise par le sacrifice de son corps et de son sang. Après le temps de la conversion, voici venu celui de l’engagement et du témoignage. Le temps de pâque est celui de l’envoi en mission des disciples libérés des chaînes de la peur et de la pusillanimité. Tel est l’enseignement que l’on peut tirer de la bravoure des apôtres au lendemain de la résurrection. Quittons l’enfermement du désespoir pour annoncer à la face du monde que le Christ est vivant.
Le temps de pâque est aussi celui du don de l’Esprit. En apparaissant à ses apôtres, Jésus ressuscité répandît sur eux son Esprit. Désormais, c’est l’Esprit qui conduira la marche de l’Eglise, nouveau peuple que dieu s’est acquis par le sacrifice de son Fils Unique. Le séminaire des sept semaines que nous allons suivre avec pleine détermination doit nous préparer à la rencontre quotidienne avec l’Esprit du ressuscité. Cela requiert de notre part une plus totale assiduité à la prière et à la méditation de la parole de Dieu à l’image des apôtres réunis au cénacle. En effet le témoignage de la foi que les chrétiens doivent rendre au temps de pâque est impulsé par l’Esprit qui communique à tous la puissance de la résurrection : « quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent »Ac5, 32. Ecouter la voix de l’Esprit et répercuter son témoignage, lui que le Fils nous envoie d’auprès du Père, telle est notre mission à la suite des apôtres. Car c’est l’Esprit qui rend témoignage au Fils et révèle la vérité tout entière au peuple des croyants.
La pâque est la célébration de la nouvelle alliance scellée dans le sang de Jésus. L’humanité déchue par le péché retrouve sa splendeur première dans l’œuvre de re-création apportée par la résurrection du Christ. Ainsi, dans le Christ et par lui, nous entrons dans la communauté des fils de Dieu. Nous recevons de lui la vie sans fin. Nous partageons la vie même du Christ, souverain prêtre. Car, « il est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux » 2Co5, 15.
Que la pâque du Seigneur nous libère de nos égoïsmes pour nous ouvrir à la vraie charité. C’est par la pratique de la charité évangélique que nous témoignerons véritablement de la résurrection du Christ. Rejetons toutes les velléités d’orgueil pour revêtir l’humilité du Fils de Dieu qui s’est abaissé, en prenant la condition d’esclave (cf. Ph2). Ouvrons les frontières de nos cœurs pour accueillir nos frères humains sans exception, comme le Christ qui s’est donnée pour les hommes de toute race, langue et nation.
« Ô Seigneur achève en nous la pâque, apprends nous la liberté » !
Direction Editoriale
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HABEMUS PAPAM

Le Cardinal argentin Mgr. Jorge Mario Bergoglio, élu pape sous le nom de François 1er
Cité du Vatican, 13 mars 2013 (VIS). A 19 h 06', une épaisse fumée blanche s'est échappée de la cheminée de la Chapelle Sixtine, indiquant que les Cardinaux avaient procédé à l'élection du nouveau Pape. Au cinquième scrutin le Cardinal Jorge Mario Bergoglio, de l'ordre des prêtres et du titre de St.Robert Bellarmin, a été élu Souverain Pontifie, 265 Successeur de Pierre, prenant le nom de François. A 20 h 12', le Cardinal Protodiacre Jean-Louis Tauran l'a annoncé au monde depuis la loggia centrale de la Basilique vaticane, appelé également le balcon des bénédictions, par ces mots:
Annuntio vobis gaudium magnum:
Habemus Papam,
Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Georgium Marium
Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Bergoglio
qui sibi nomen imposuit Franciscum
C'est avec une grande joie que je vous annonce que
nous avons un Pape,
Le très éminent et très révérend Seigneur Jorge Mario Bergoglio,
Cardinal de la Sainte Eglise de Rome,
Qui s'est imposé le nom de François.
Le Conclave ayant conduit à l'élection de François I, premier Pape jésuite et premier Pape argentin
de l'histoire, s'est ouvert hier 12 mars 2013 en la Chapelle Sixtine après l'Extra Omnes intimé à 17 h
33' par le Maître des Cérémonies et le serment des 115 Cardinaux électeurs.
Dès avant l'annonce du Cardinal Protodiacre, un détachement d'honneur de la Garde Suisse Pontificale, portant le drapeau pontifical, a pris position sous la loggia, accompagné par la fanfare vaticane, puisrejoint par les représentations des trois armes de l'Armée Italienne qui, depuis la réconciliation entre l'Italie et le Saint-Siège en1929 vient rendre les honneurs au Pape dans les grandes occasions.
A 20 h 24', précédé de la croix processionnelle, le Pape François est apparu à la loggia centrale de la Basilique, illuminée. Avant de prononcer la bénédiction Urbi et Orbi, il a salué la foule immense rassemblée depuis des heures dans le froid et sous la pluie Place-St.Pierre et dans la Via della Conciliazione: "Chers frères et soeurs, bonsoir. Vous savez que le conclave est chargé de donner un évêque à Rome, et cette fois mes frères Cardinaux sont allés le chercher au loin, presqu'au bout du monde. Et nous voila ici! Merci de l'accueil de la communauté diocésaine à son nouvel évêque.
Avant tout, je désire prier pour notre évêque émérite Benoît XVI afin que le Seigneur le bénisse et que la Vierge le protège". Après la récitation, tout à fait inhabituelle, du Pater, de l'Ave et du Gloria, le nouveau Pape a repris la parole: "Maintenant mettons nous en route, évêque et peuple ensemble, peuple et évêque ensemble, avec cette Eglise de Rome qui préside à la charité de toutes les Eglises.
Avançons dans l'amitié et dans la confiance et prions tous pour tous, pour moi, pour vous et pour le monde, pour qu'il connaisse une grande fraternité. J'espère que ce parcours d'Eglise qui part de cette chère ville" de Rome, "et dans lequel m'aidera le Cardinal Vicaire, ici présent, sera fructueux pour"
la reévangélisation. "Et maintenant, avant de vous donner la bénédiction apostolique, je veux vous demande une faveur, de demander au Seigneur de me bénir: La prière du peuple pour son évêque, pour que Dieu le bénisse. Soyons unis en silence pour prier les uns pour les autres". Le Pape s'est alors incliné et a attendu quelques instants en silence. "Maintenant je vous donne à tous la bénédiction, qui s'étend au monde entier, aux femmes et hommes de bonne volonté". Après la bénédiction solennelle Urbi et Orbi, le nouveau Pape a dit désirer pouvoir aller prier demain la Vierge, souhaitant bonne nuit et bon repos à la foule.
Né à Buenos Aires (Argentine) le 17 décembre 1936, Jorge Mario Bergoglio s'est d'abord diplômé en chimie avant de choisir la prêtrise et d'entrer dans la Compagnie de Jésus en 1958. Il a poursuivi ses études au Chili avant de rentrer en Argentine et d'obtenir la licence en philosophie près le Collège St.Joseph de San Miguel. En 1964 -1965 il a été professeur de littérature et de psychologie près le Collège de l'Immaculée à Santa Fe, puis en 1966 au Collège St.Sauveur de Buenos Aires. De 1967 à 1970 il a poursuivi le cursus universitaire et obtenu le doctorat. Le 13 décembre 1969 il a été ordonné prêtre puis a gagné l'Espagne pour suivre la troisième probation à Alcalá de Hernares et prononcer ses voeux perpétuels le 22 avril 1973. Il fut ensuite maître des novices à Villa Barilari (San Miguel 1972 -1973), professeur près la Faculté de théologie, consulteur de la Province et recteur du grand séminaire des jésuites. Le31 juillet 1973, il est élu provincial d'Argentine, charge qu'il a exercée pendant six ans. Entre 1980 et 1986, il a été recteur du grand séminaire des jésuites et des Facultés de philosophie et théologie de la même maison, et curé de la paroisse St.Joseph, dans le même diocèse. En mars 1986, il est allé en Allemagne pour terminer sa thèse de doctorat. Après la direction du collège du Sauveur, il a été affecté à l'église de la Compagnie à Cordoba
comme directeur spirituel et confesseur.
Le 20 mai 1992, Jean-Paul II l'a nommé Auxiliaire de l'Archevêque Buenos Aires. Le 27 juin de la même année, en la cathédrale de Buenos Aires, il a reçu l'ordination épiscopale des mains du Cardinal Antonio Quarracino, du Nonce apostolique Mgr.Ubaldo Calabresi et de l'évêque de Mercedes-Lujan, Mgr.Emilio Ognenovich. Le 3 juin 1997, il fut nommé Coadjuteur de Buenos Aires puis le 28 février 1998, Archevêque de Buenos Aires à la mort du Cardinal Quarracino. Il est auteur des livres Meditaciones para religiosos (1982), Reflexiones sobre la vida apostólica (1986) et Reflexiones de esperanza (1992). Il était également jusqu'ici ordinaire pour les fidèles de rite oriental résidant en Argentine démunis d'un ordinaire de leur rite, Grand Chancelier de l'Université catholique d'Argentine. Il a été Rapporteur général adjoint à la 10 Assemblée générale ordinaire du Synode des Evêques (octobre 2001), et de novembre 2005 à novembre 2011, Président de la Conférence épiscopale argentine. Il a été créé Cardinal de l'ordre des prêtres par Jean-Paul II lors du consistoire du 21 février 2001, avec le titre de St.Robert Bellarmin. Et était aussi membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour le clergé, de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, du Conseil
pontifical pour la Famille et de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.
La Direction Editoriale
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" Allant au deavant de celui qui vient"
Editorial du mois de Décembre
« Allons au devant de celui qui vient »
Avec le temps de l’Avent s’ouvrent pour nous les portes d’une nouvelle année liturgique : l’année « C ». Il ne faut pas voir dans cette marche cyclique une routine rébarbative, encore moins un perpétuel recommencement. Non, l’Eglise est Mère et Pédagogue. Dans le « même » de chaque année liturgique, elle nous fait découvrir merveilleusement une nouveauté insoupçonnable. Nous communions ainsi, avec une signification toujours nouvelle, aux mystères de la vie du Christ et du salut de l’humanité. Riches de l’expérience de l’année liturgique écoulée, nous allons nous engager dans une nouvelle marche à la suite du Christ, Chef et Tête de l’Eglise.
Frères et sœurs ! Le temps de l’Avent est celui de l’attente, comme l’indique son étymologie latine « adventus ». Attente qui acquiert une double signification selon qu’elle nous fait communier à la longue attente messianique de l’Ancienne Alliance et celle du retour glorieux du Christ, à la fin des temps. L’Avent est le temps du long désir : désir du peuple d’Israël en butte aux épreuves du désert et aux contraintes de l’exil, désir des prophètes dénonçant le péché du peuple élu et proclamant l’instauration de la justice sociale, désir de Jean le Baptiste annonçant la venue du Messie et proclamant le baptême de conversion, désir de la Vierge Marie, tendre et obéissante fille de Sion, désir de l’Eglise attendant avec ardeur le retour glorieux de son Epoux. Quatre semaines durant, la liturgie nous fera vivre plus intensément cette longue attente afin d’éveiller en nous l’ardent désir d’aller au devant de celui qui vient. Le Christ est venu et il vient. C’est chaque jour que le Christ vient à notre rencontre dans sa Parole et dans le pain eucharistique. L’Avent n’est pas seulement un temps liturgique délimité, mais une vie, une vocation, une tension permanente vers l’avenir dans lequel le Christ nous engage jusqu’à ce qu’il soit « tout en tous ». L’Avent est donc un temps d’espérance du salut final qui se manifestera lorsque le Seigneur apparaîtra dans sa gloire.
Solidaires de l’humanité blessée par le péché, nous attendons ardemment la venue du Messie Sauveur. La liturgie de ce temps fort fera résonner en nous l’écho de la voix de Jean le Baptiste appelant les foules à la conversion radicale. L’Avent nous rappelle l’urgence d’une conversion authentique afin d’aplanir et de baliser la route de nos cœurs. En effet, le Verbe de Dieu par qui nous recevons grâce après grâce, va naître dans les cœurs purifiés et convertis. C’est à nous que le message du Baptiste est adressé aujourd’hui. A toutes les couches sociales, à tous ceux qui assument des responsabilités au sein de la société et dans les familles, Jean le Baptiste appelle à un changement de mentalité pour bâtir une société meilleure où règnent la justice et le droit.
L’Avent nous plonge dans l’attente du jour du Seigneur. Jour redoutable quant aux signes qui l’accompagneront, mais jour de joie pour les justes ayant fait montre de fidélité même dans les épreuves. De nos jours, il est important de s’arrêter sur cette dimension de l’attente. Que de dates et de délais sont fixés par certains exaltés qui pensent avoir le gouvernail du cœur de Dieu. Malheureusement, nombre de chrétiens se laissent lénifier par ses discours imprudents. Qui peut déterminer la fin des temps sinon Dieu seul. Souvenons nous de la déclaration de Jésus à ce propos : « il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité » Ac1, 7. Et dans la suite du texte, Jésus renvoie ses apôtres à la mission qu’ils devront accomplir sous l’impulsion du Saint-Esprit et non à se préoccuper de délai de la fin des temps. L’essentiel n’est pas la connaissance quoiqu’exacte des dates. Le plus important c’est l’œuvre de la charité que nous devons mener, pour que le Seigneur nous trouve nets et irréprochables lorsqu’il viendra.
Au regard des catastrophes que nous vivons aujourd’hui : pluies diluviennes, guerres interminables, divisions dans les familles, turpitude morale, Crash d’avion, etc. nous sommes tentés de croire que la fin est proche. Nous n’avons pas à nous alarmer ni à céder à l’angoisse. Prêter le flanc au désespoir, c’est perdre confiance en la miséricorde divine qui se moque du jugement (cf. Jc2, 13). La venue du Christ ne doit pas nous plonger dans la détresse. Bien au contraire elle doit nous stimuler à parfaire notre témoignage chrétien en vue de la transformation de notre monde. Les signes effrayants décrits dans l’Evangile ne sont pas des motifs de lamentation. Luc nous en dit un peu plus : « quand ces événements commenceront, redressez-vous et relever la tête, car votre rédemption est proche » Lc21, 28. A la présomption de ceux qui s’escriment à fixer les délais de la fin des temps, nous devons opposer la vigilance dans la prière et le service de notre prochain.
En ce temps de l’Avent, temps d’attente joyeuse, disposons nos cœurs à un profond retournement pour que le jour du Seigneur ne s’abatte pas sur nous comme une pluie inopinée. « Que le Dieu de la paix lui-même nous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche notre esprit, notre âme et notre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ » 1Th5, 23.
Maranatha, viens Seigneur Jésus !
La Direction Editoriale